16.10.2014 – 18.01.2015

Jardin d’images

De l’illustration botanique au design

Depuis toujours, la beauté naturelle éphémère des plantes et des fleurs fascine l’homme. Les scientifiques décrivent méticuleusement leurs caractéristiques et les consignent durablement grâce au dessin. Artistes et designers s’inspirent de leurs formes et de leurs couleurs et veillent à ce que le jardin d’images prospère continuellement.


L’exposition Jardin d’images. De l’illustration botanique au design, en collaboration avec la Haute Ecole d’art de Zurich (ZHdK), met en lumière l’histoire de l’illustration botanique et ses champs d’application jusqu’à aujourd’hui. Depuis le début des temps modernes, le monde végétal exerce une forte fascination. Il fait l’objet d’études scientifiques et d’une classification systématique. De nombreux ouvrages sur les plantes et des aquarelles originales datant de 1529 à 1900 environ – parmi lesquels figurent des oeuvres majeures – permettent d’appréhender les connaissances spécifiques et les goûts de cette époque.

Deux vastes recueils d’illustrations de plantes, particulièrement importants pour la Suisse,
constituent le point de départ de l’exposition qui se tient actuellement au NMB Nouveau Musée Bienne. Pour la première fois, les aquarelles et lithographies scientifiques de Jonas David Labram, créées pour la publication Sammlung von Schweizer Pflanzen nach der Natur (parue entre 1824 et 1836) et celles de Paul-André Robert (produites entre 1918 et 1930) seront mises en perspective avec d’autres ouvrages.

Le charme de l’illustration botanique florale exerça son influence sur d’autres sphères de l’activité humaine. Ainsi, au 15e siècle, les plantes se défirent de leur vocation purement « cosmétique » pour devenir elles-mêmes sujet de l’oeuvre d’art. Durant la période Art nouveau en particulier, aux alentours de 1900, les ornements floraux constituaient un élément de composition essentiel pour les arts visuels. Façonnés selon les exigences contemporaines, les ouvrages sur les plantes de Philippe Robert étaient eux aussi conçus à la fois comme ouvrages de référence et comme mine de documents pour les artistes. La confrontation avec les oeuvres d’Eugène Grasset, avec la mode Art nouveau et des produits artisanaux, comme les vases d’Emile Gallé, atteste que la magie de la représentation botanique fait fi de toutes les limites de genres. Au tournant du siècle, les représentations de jardins ou les natures mortes, comme celles de Ferdinand Hodler, Cuno Amiet ou Giovanni Giacometti, mettent en évidence un nouvel intérêt pour la botanique dans le milieu de l’art et dans la vie quotidienne.

Comment l’illustration botanique se manifeste-t-elle aujourd’hui et comment son avenir numérique se dessine-t-il ? Les travaux de la filière Scientific Visualization de la Haute Ecole d’art de Zurich éclairent la manière dont le dessin scientifique est enseigné et mis en pratique à l’heure actuelle. De plus, les étudiantes du département de Design textile de la Haute Ecole de Lucerne présentent des ébauches pour tissus, dans lesquelles les plantes fournissent la base pour de nouvelles créations. Aujourd’hui aussi, la recherche botanique inspire de nouvelles idées aux artistes, ce qui est mis en relief au moyen de quelques courants de l’art contemporain qui donnent de nouvelles orientations à un jardin d’images en constante progression.


Abbildungen

Jasmin Baumann, Cerises, aqurelle imprimée, 2013
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition
Vue de l'exposition
Cuno Amiet, Grand Jardin à Oschwand 1929, huile sur toile, Fondation Saner Studen, Stiftung für Schweizer Kunst
Hans Weiditz, Buglosse officinale, Pâquerettes, 1529, modèles pour Otto Brunfels, «Herbarum Vivae Eicones», 1530, Burgerbibliothek Bern
Philippe Robert, Feuilles d’Automne: Projet de plat décoratif et vase de faïence émaillée, 1908, aquarelle, NMB, Fondation Collection Robert